Avis du CES

Le Programme de Développement Local des 145 Territoires (PDL-145T): Observations contributives du Conseil Economique et Social, Auto-saisine, CES-Avis n° 035, Session ordinaire, octobre 2022.

Le Programme de Développement Local des 145 Territoires (PDL-145T): Observations contributives du Conseil Economique et Social, Auto-saisine, CES-Avis n° 035, Session ordinaire, octobre 2022.
AD HOC 2022

Le Programme de Développement Local des 145 Territoires (PDL-145T): Observations contributives du Conseil Economique et Social, Auto-saisine, CES-Avis n° 035, Session ordinaire, octobre 2022.
Commission ad hoc présidée par ILONDO LENI YE N’KOY


L’Avis du Conseil Economique et Social intitulé : « Programme de Développement Local des 145 Territoires (PDL-145T) », se veut une contribution à l’effort du Gouvernement dans sa lutte contre la pauvreté et les inégalités, ainsi que la création des emplois décents et rémunérateurs afin d’assurer une croissance harmonieuse des provinces et des territoires. 

Dans cet avis, le C.E.S a procédé d’abord à l’analyse de différentes stratégies passées mises en place en vue de la réduction de la pauvreté, ensuite à l’enrichissement de certaines orientations et actions du programme telles que définies par le Gouvernement. 

Il a été constaté qu’en dépit de la croissance assez forte, observée pendant plus d’une décennie (2002-2014), les milieux ruraux n’ont guère amélioré leur état de pauvreté. Il en est résulté un niveau de développement humain très faible par rapport aux milieux urbains. 

Cette situation est la conséquence des modèles de développement antérieur dont la vision était conçue et exécutée à partir du sommet (top down). Ils n’ont donc pas permis une amélioration des conditions de vie de la population essentiellement rurale ni l’émergence du processus de transformation structurelle car n’ayant pas pris en compte les préoccupations ni la participation de la population dans l’élaboration et tout comme dans l’exécution de ces différents programmes. 

Pour sortir de cette impasse, le Gouvernement a conçu et élaboré un programme dénommé « Programme de Développement Local des Territoires » en sigle PDL-145T. Ce programme est une nouvelle approche stratégique de développement décentralisée allant du bas vers le haut (Botton-up), faisant ainsi des communautés de base à la fois acteurs et bénéficiaires de la croissance et du développement enclenchés. Telle est la démarche suivie par le PDL-145T pour lutter efficacement contre la pauvreté et les disparités territoriales. 

Analysant les mécanismes de mise en exécution de ce programme, le C.E.S propose un ensemble de mesures dont les plus importantes sont reprises ci-après : 

  1. Au niveau du délai d’exécution 
  • Procéder à la révision de la durée du programme passant d’un à 3 ans voire plus car certains objectifs sont à moyen terme et difficilement réalisables à court terme.
  1. Au niveau de financement 
  • Mettre en place un mécanisme autonome de mobilisation des ressources afin d’éviter des retards dans le financement du programme ; 
  • Loger, au sein du Ministère du Plan, une structure indépendante du Ministère des Finances devant gérer les ressources. 
  1. Au niveau du comité de Pilotage 
  • Eviter une multitude d’organes susceptibles de créer un conflit de compétence ;
  • Retenir le Ministère du Plan, de par son rôle d’instrument de coordination et du développement de l’action gouvernementale, comme seul organe de pilotage et devant régulièrement rendre compte aux trois autres organes. 
  1. Au niveau des autres programmes à côté du PDL-145T 
  • Veiller à l’harmonisation de différents programmes en vue de retenir un seul d’autant plus qu’ils poursuivent tous le même objectif ;
  • Eviter la politique de saupoudrage des ressources conduisant inévitablement à la non-réalisation totale d’un seul programme. 

L’opérationnalité effective de ces recommandations devrait permettre la mise en exécution aisée du programme. Elle permettra, à terme, la réalisation de la vision d’un développement à partir de la base et faisant ainsi participer la population à l’amélioration effective de ses conditions de vie et de travail.