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Le Conseil Économique et Social engage la réflexion sur les priorités économiques et sociales de la Grande Orientale

Le Conseil Économique et Social engage la réflexion sur les priorités économiques et sociales de la Grande Orientale
13 mai 2026 Atelier

Le Conseil Économique et Social (CES) a organisé ce mercredi 13 mai 2026 un atelier consacré aux « Priorités économiques et sociales de la Grande Orientale » à son siège à Kinshasa/Gombe.

Cet atelier a réuni des experts de l'espace grande orientale, des autorités politico-administratives, le monde scientifique (Professeurs des universités etc.) , des opérateurs économiques et membres des institutions publiques.

Présidé par le Premier Vice-président du CES, le Professeur Léon Kyaboba Kasobwa, agissant au nom du Président du Conseil, les travaux de cet atelier s’inscrivent dans la ligne des missions du Conseil Économique et Social lui confier par la loi visant à émettre des AVIS consultatifs pour l'orientation des politiques publiques du pays.

C'est pour le renforcement des capacités de la Commission permanente du CES Infrastructure et Aménagement du territoire (CIAT), que cette rencontre a bel et bien eu lieu. Il avait pour objectif de créer un cadre de concertation approfondie autour des défis et opportunités de la Grande Orientale afin de dégager des pistes de solutions réalistes, durables et adaptées aux réalités des 4 provinces issues du démembrement de 2015 : Tshopo, Ituri, Haut-Uélé et Bas-Uélé.

Au coeur des échanges il y avait : la nécessité de transformer les immenses potentialités naturelles de la Grande Orientale en véritables leviers de développement au bénéfice des populations.

Cet espace Grande Orientale qui a une superficie de 500 000 km² dispose d’importantes ressources minières, forestières et agricoles. Cette région constitue également un carrefour stratégique vers l’Afrique de l’Est, offrant des perspectives majeures en matière d’intégration régionale, économique et d’échanges commerciaux.

Cependant, les participants ont relevé plusieurs contraintes qui freinent encore son développement. Les débats ont notamment mis en évidence l’enclavement persistant des provinces du Bas-Uélé et du Haut-Uélé, la dégradation avancée des infrastructures routières, ferroviaires et fluviales, ainsi que les difficultés liées à l’accès aux marchés et aux services sociaux de base.

La question sécuritaire a également occupé une place importante dans les discussions, particulièrement en ce qui concerne la province de l’Ituri, confrontée à des tensions récurrentes affectant les activités économiques, la mobilité des populations et la stabilité sociale. Les participants ont aussi évoqué les défis fonciers liés aux mouvements migratoires et à la recherche de pâturages, ainsi que le ralentissement industriel observé dans certaines de ces 4 provinces, notamment la Tshopo.

Les échanges ont permis d’identifier plusieurs secteurs considérés comme prioritaires pour la relance économique de la Grande Orientale, notamment l’agriculture, les infrastructures de transport, l’exploitation minière, le commerce interprovincial, l’énergie et la coopération décentralisée.

Illustration additionnelle

Les intervenants ont insisté sur la nécessité de développer des infrastructures capables d’assurer le désenclavement total de cet espace stratégique afin de faciliter la circulation des personnes et des biens, stimuler les investissements et renforcer l’intégration économique entre les provinces.

La problématique de la souveraineté alimentaire a également été abordée. Les experts ont estimé que les capacités agricoles du Bas-Uélé et de la Tshopo pourraient faire de ces provinces de véritables greniers agricoles pour la République, à condition de renforcer les politiques de modernisation agricole, les infrastructures de desserte et les mécanismes d’accompagnement des producteurs locaux.

Parmi les principaux intervenants figuraient le Professeur Upio Kakura Wapol, Ministre Honoraire des Droits Humains et des Relations avec le Parlement et Député National Honoraire; le Professeur NEMAYATO Jean Paul, Ministre honoraire de l’Économie et du Commerce pour le Bas-Uélé ; l’Honorable Jean Marc MAMBIDI KOLOBORO, Député national et médecin pour le Haut-Uélé ; ainsi que Maître WALLE LUFUNGULA, Député honoraire et Gouverneur honoraire, expert pour la Tshopo.

Illustration finale

Les travaux ont également bénéficié des contributions de plusieurs personnalités ressources, dont le Vice-Premier ministre honoraire de l’Intérieur, Monsieur LIBENDELE, Conseiller principal honoraire du Président de la République, Monsieur NDIVITO Polycarpe, Conseiller de la République et opérateur économique, ainsi que des responsables de la coopération décentralisée et du commerce extérieur.

À travers cet atelier, le Conseil Économique et Social entend formulé un avis sur les priorités économiques et sociales de la Grande Orientale à l’horizon 2030. Les recommandations issues des travaux devraient permettre d’orienter l’action publique vers des politiques plus cohérentes en matière d'aménagement du territoire, d’intégration régionale, de développement des infrastructures et de valorisation des ressources locales.

Cette initiative traduit la volonté du Conseil Économique et Social de promouvoir une approche concertée du développement territorial, fondée sur l’écoute des réalités locales, la coopération interprovinciale et la recherche de solutions durables au service de la stabilité et du progrès économique de la République démocratique du Congo.