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Le Conseil économique et social examine les défis de la pollution minière dans le Grand Katanga

Le Conseil économique et social examine les défis de la pollution minière dans le Grand Katanga
04 novembre 2026 Séance académique

Le Conseil économique et social (CES) de la République démocratique du Congo a tenu, ce mercredi 4 novembre 2026, à son siège à Kinshasa, la troisième séance académique de sa session ordinaire d’octobre 2026, consacrée à la problématique de « La pollution minière dans l’espace Grand Katanga ».

Présidée par Son Excellence Monsieur Jean-Pierre Kiwakana Kimayala, Président du Conseil économique et social, cette rencontre scientifique a réuni les Conseillers de la République et une délégation d’éminents universitaires venus de Lubumbashi, autour des conséquences environnementales, sanitaires et agricoles de l’exploitation minière, ainsi que des solutions durables susceptibles d’y remédier. 

La délégation scientifique de l’Université de Lubumbashi (UNILU) était conduite par son Recteur, le Professeur ordinaire Gilbert Kishiba Fitula, spécialiste du droit international. Elle comprenait également le professeur Mylor Ngoy Shutcha, le professeur ordinaire Lucien Nyembo Kimuni et le professeur ordinaire Célestin Banza Lubaba Nkulu.

À travers leurs différentes interventions, ces scientifiques ont apporté aux Conseillers de la République des éclairages sur les effets de la pollution minière et les mécanismes susceptibles de favoriser la restauration des écosystèmes, la protection de la santé publique et la préservation des terres agricoles. 

Cette séance s’inscrit dans la mission constitutionnelle du Conseil économique et social, appelé à éclairer les pouvoirs publics par des avis et recommandations sur les grandes questions économiques, sociales et environnementales de la nation. 

Une exploitation minière aux conséquences environnementales préoccupantes 

Au cœur des échanges, les scientifiques ont mis en évidence les effets de l’exploitation intensive des ressources minières dans le Grand Katanga, particulièrement dans les provinces du Haut-Katanga et du Lualaba, qui concentrent d’importantes activités d’extraction et de transformation du cuivre et du cobalt. 

Dans son intervention consacrée à la remédiation des sites pollués dans l’arc cuprifère katangais, le professeur Mylor Ngoy Shutcha a présenté les résultats de plusieurs années de recherches scientifiques sur la dégradation des écosystèmes.

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Selon les données exposées, plus de 22 000 hectares de terres sont couverts par des substrats pollués, notamment par le cuivre, le cobalt, le plomb, le zinc, l’arsenic et le cadmium. 

Le site de Penga Penga a été cité parmi les exemples illustrant l’ampleur de cette pollution, avec des concentrations de cuivre pouvant atteindre 50 000 parties par million, contre 220 dans un sol forestier de référence. 

Ces phénomènes entraînent une dégradation des sols, une contamination des ressources en eau et une perturbation des équilibres écologiques, avec des conséquences potentielles sur les activités agricoles et les conditions de vie des populations riveraines. 

Le professeur a également attiré l’attention sur les menaces qui pèsent sur la biodiversité particulière de l’arc cuprifère katangais, dont plusieurs espèces végétales endémiques risquent de disparaître sous la pression des activités extractives. 

La santé des populations face aux risques de contamination 

Abordant les dimensions sanitaires de cette problématique, le professeur ordinaire Célestin Banza Lubaba Nkulu, de la Faculté de médecine de l’Université de Lubumbashi, a présenté les résultats de recherches consacrées à l’exposition des populations aux substances toxiques provenant des activités minières. 

Son intervention a particulièrement porté sur la contamination des eaux, de l’air et des sols, ainsi que sur les risques sanitaires associés à l’exposition prolongée aux métaux. 

Des investigations menées dans plusieurs zones minières, notamment autour de Kolwezi, ont révélé des situations préoccupantes concernant la qualité des ressources en eau et l’état de certains écosystèmes aquatiques.

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Le scientifique a notamment évoqué la pollution de plusieurs cours d’eau, dont les rivières Tshituta, Kashala, Kalweji et Kamakanda, ainsi que du lac Kando. 

Les recherches présentées font également état de niveaux d’exposition à certains métaux plus élevés chez des populations vivant à proximité des activités minières, avec une attention particulière portée à la vulnérabilité des enfants. 

Le professeur Banza Lubaba a, par ailleurs, abordé les travaux scientifiques consacrés aux pathologies respiratoires, aux cardiomyopathies dilatées et aux malformations congénitales, soulignant l’importance de poursuivre les recherches pour mieux établir les relations entre les pollutions environnementales et les problèmes de santé observés. 

Face à ces défis, il a insisté sur la nécessité d’instaurer une surveillance environnementale et sanitaire permanente, accompagnée d’un renforcement des capacités des laboratoires et des mécanismes de contrôle des rejets industriels. 

Restaurer les terres agricoles et protéger la sécurité alimentaire 

Pour sa part, le professeur ordinaire Lucien Nyembo Kimuni, de la Faculté des Sciences agronomiques de l’Université de Lubumbashi, a orienté son intervention vers les conséquences de la pollution minière sur les terres agricoles et les moyens de restaurer leur potentiel productif. 

Les données scientifiques présentées montrent que certaines terres cultivées du Grand Katanga présentent des concentrations préoccupantes de métaux toxiques, notamment de cadmium et d’arsenic. 

Cette contamination représente un risque pour la production agricole, la qualité des denrées alimentaires et, par conséquent, la santé des consommateurs. 

Afin de répondre à cette problématique, le scientifique a proposé une approche reposant sur trois piliers complémentaires : la réduction des pollutions à leur source industrielle, l’amélioration des sols contaminés par des amendements adaptés et le développement de techniques agricoles innovantes.

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Parmi ces innovations figure la bioponie, une méthode de culture hors-sol permettant de produire des légumes sans contact direct avec les terres contaminées, à condition de maîtriser la qualité de l’eau et des nutriments utilisés. 

Cette technique pourrait constituer une alternative pour les populations vivant dans les zones fortement exposées aux pollutions minières. 

Le professeur a également plaidé pour un renforcement des audits environnementaux des entreprises minières, une meilleure gestion des résidus industriels et la création de mécanismes de financement destinés à soutenir les pratiques agricoles sécurisées. 

La recherche scientifique au service de la restauration des écosystèmes 

Au-delà du diagnostic environnemental, les interventions ont permis de présenter des solutions scientifiques développées par les chercheurs congolais pour restaurer les milieux dégradés. 

Les travaux du professeur Mylor Ngoy Shutcha ont notamment mis en évidence les possibilités offertes par la phytoremédiation, une approche reposant sur l’utilisation de végétaux capables de stabiliser certains contaminants et de contribuer à la réhabilitation des sols. 

Des expériences menées dans l’arc cuprifère katangais ont permis d’établir une couverture végétale durable sur certains sites pollués, avec des résultats encourageants en matière de stabilisation des sols. 

Les chercheurs ont également présenté des perspectives liées à la restauration des milieux aquatiques, à la préservation des espèces végétales locales et au développement de nouvelles activités économiques fondées sur la valorisation de la biomasse. 

Ces initiatives démontrent le rôle essentiel que peuvent jouer les universités congolaises dans la recherche de solutions adaptées aux réalités environnementales du pays.

Des recommandations pour une exploitation minière responsable 

Les différentes contributions scientifiques ont convergé vers la nécessité de renforcer la gouvernance environnementale du secteur minier congolais. 

Parmi les principales orientations proposées figurent le contrôle rigoureux des rejets industriels, l’amélioration des mécanismes de surveillance sanitaire, la réhabilitation des sites dégradés, la protection des terres agricoles et le financement durable de la recherche scientifique. 

Les experts ont également souligné l’importance d’une collaboration renforcée entre les pouvoirs publics, les entreprises minières, les institutions universitaires et les communautés locales. 

L’objectif est de promouvoir une exploitation des ressources naturelles qui tienne compte non seulement des impératifs économiques, mais également des exigences de santé publique, de sécurité alimentaire et de préservation de la biodiversité.

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Jean-Pierre Kiwakana Kimayala appelle à une prise de conscience nationale et à des solutions congolaises 

Prenant la parole à l’occasion de cette séance académique, le Président du Conseil économique et social, Jean-Pierre Kiwakana Kimayala, a insisté sur l’urgence d’une prise de conscience collective face aux défis environnementaux auxquels la République démocratique du Congo est confrontée. 

Pour le Président du CES, la problématique de la pollution minière ne doit pas être considérée comme une préoccupation exclusivement liée au Grand Katanga. Elle constitue un enjeu national qui pourrait, à terme, concerner d’autres provinces du pays, compte tenu de l’étendue et de la diversité des ressources naturelles présentes sur le territoire congolais. 

Il a ainsi souligné la nécessité d’anticiper les conséquences de l’exploitation des ressources naturelles afin d’éviter que les difficultés observées aujourd’hui dans le Grand Katanga ne se reproduisent ailleurs. 

Dans cette perspective, Jean-Pierre Kiwakana Kimayala a exprimé sa confiance dans la volonté du Chef de l’État de rechercher des solutions aux problèmes auxquels le pays est confronté. 

« Nous avons le bonheur d’avoir à la tête de ce pays un enfant de ce pays qui veut effectivement trouver des solutions à nos problèmes. Nous irons le voir pour lui présenter ces desiderata, parce que ce sont des points extrêmement importants », a-t-il déclaré. 

À travers ces propos, le Président du Conseil économique et social a fait part de son intention de porter les préoccupations soulevées au cours de cette séance à l’attention du Président de la République, afin de contribuer à la recherche de réponses appropriées aux défis environnementaux et sanitaires identifiés. 

Il a également invité les Congolais à privilégier leurs propres capacités de réflexion, d’innovation et d’action pour faire face aux problèmes du pays. 

« N’attendons pas que l’étranger puisse résoudre nos problèmes à notre place, car il n’y a pas intérêt. Nous devons compter sur nos propres efforts. Mais nos propres efforts commencent par la prise de conscience. Cette prise de conscience nous amène à la réflexion et à l’analyse, ensuite à l’action », a-t-il souligné. 

Pour Jean-Pierre Kiwakana Kimayala, la recherche de solutions durables doit ainsi reposer sur une démarche progressive associant la prise de conscience, la réflexion scientifique, l’analyse des réalités nationales et la mise en œuvre d’actions concrètes. 

Cette vision met en évidence l’importance de valoriser l’expertise congolaise et de renforcer la collaboration entre les institutions publiques et les établissements universitaires. 

Vers un cadre de concertation entre le Conseil économique et social et l’Université de Lubumbashi 

Dans le prolongement de cette réflexion, le Président du Conseil économique et social a évoqué la perspective de mettre en place un cadre de concertation entre le CES et l’Université de Lubumbashi, destiné à renforcer leur collaboration dans la recherche de solutions aux défis environnementaux et socioéconomiques du pays. 

Cette initiative envisagée permettrait de rapprocher davantage les travaux scientifiques des chercheurs universitaires des missions consultatives du Conseil économique et social. 

Elle offrirait également un espace d’échanges et de réflexion susceptible de favoriser l’élaboration de propositions concrètes, fondées sur les résultats des recherches menées sur le terrain. 

À travers cette perspective de collaboration, le Conseil économique et social entend valoriser les compétences scientifiques nationales et contribuer à une meilleure prise en compte des connaissances universitaires dans l’orientation des politiques publiques. 

Le Conseil économique et social engagé dans la recherche de solutions durables 

Cette troisième séance académique, organisée sous la présidence de Son Excellence Monsieur Jean-Pierre Kiwakana Kimayala, a constitué un cadre privilégié d’échanges entre les Conseillers de la République et la délégation scientifique de l’Université de Lubumbashi, conduite par son Recteur, le Professeur ordinaire Gilbert Kishiba Fitula. 

Elle a permis aux Conseillers de la République de disposer d’éléments techniques et scientifiques susceptibles de nourrir leurs analyses et de contribuer à l’élaboration d’un avis assorti de recommandations à l’intention des pouvoirs publics. 

Dans un pays où les ressources minières occupent une place stratégique dans l’économie nationale, les enjeux environnementaux et sanitaires appellent une attention particulière afin de garantir que les bénéfices de l’exploitation profitent durablement aux populations.