Jean Pierre KIWAKANA KIMAYALA réitère son appel à l’Unité et la cohésion nationale à l’endroit de toutes les forces vives.
Il s’est tenu ce jeudi 02 avril 2026 au siège du Conseil Economique et Social à Kinshasa, la cérémonie solennelle d’ouverture de la session ordinaire d’avril de cette Assemblée consultative de la République Démocratique du Congo.
Cette cérémonie présidée par le Président de cette institution, Son Excellence Monsieur Jean Pierre KIWAKANA KIMAYALA, a connu la participation des plusieurs Conseillers de la République (notamment ceux venus des provinces) et a été une occasion pour son institution, d’avoir une pensée compatissante envers les populations victimes de la barbarie due à l’insécurité dans la partie Est du pays et de les rendre un hommage particulier.
C’était également une occasion pour le Conseil Economique et Social (CES) par la voix de son Président, d’adresser les plus vives et sincères félicitations aux joueurs de l’équipe nationale, les léopards, pour leur qualification à la phase finale de la coupe du Monde 2026, 52 ans après.
« Nos jeunes gens ont fait la fierté et la joie de toute la nation. Il ne s’agit pas juste d’un match de football, bien au contraire, il s’agit aussi d’une démonstration éclatante de ce que nous pouvons atteindre lorsque nous nous en donnons les moyens et que nous avançons unis. A travers tout le territoire, nous avons vibré à l’unissons avec une sélection Congolaise combative, talentueuse et soudée. Ces performances n’auraient jamais été possibles sans le leadership éclairé et volontariste de son architecte principal, SEM Monsieur Felix Antoine TSHISEKEDI TSHILOMBO, qui s’implique à fond pour l’amour de son pays. Bravo chers léopards et, espérons, que l’exemple qu’ils viennent de nous donner inspirera également notre classe politique », a noté le Président du Conseil Economique et Social.
Dans son allocution de circonstance, Monsieur Jean Pierre KIWAKANA, tout en invitant ses collègues à redoubler d’efforts et à viser l’excellence tout au long de cette session, afin de consolider la stabilité et la crédibilité de cette Assemblée consultative, a abordé quelques considérations fondamentales sur les enjeux du moment et les attentes de la population dans différents secteurs de la vie nationale.
Avant d’aller plus loin et par devoir de redevabilité, le Président du Conseil a restitué à ses collègues, les résultats de l’ensemble des travaux exécutés par le Bureau de cette institution pendant la période allant de Décembre 2025 à mars 2026, période dite de l’intersession.
Parmi ces travaux, outre le toilettage par le comité de lecture, des Avis adoptés en octobre 2025 par l’Assemblée générale, l’enrichissement et la continuation dans les Commissions permanentes des matières inscrites mais non présentées à la session d’octobre passée, Jean Pierre KIWAKANA a présenté les nouvelles thématiques sur lesquelles les Commissions se pencheront tout au long de cette session, bien qu’étant essentiellement budgétaire. Il est également revenu sur les différentes réunions auxquelles le CES a pris part, tant au niveau international que régional ainsi que les concertations avec plusieurs délégations des organisations de la société civile au cours desquelles celles-ci ont partagé leurs préoccupations avec le Conseil Economique et Social.
En dehors des quelques considérations d’ordre général sur les enjeux géopolitiques du moment dans le monde notamment la guerre au moyen orient ainsi que les questions relatives au dialogue national, au changement ou modification de la Constitution, le Président du CES a abordé différents secteurs de la vie nationale dont la sécurité, la santé, l’éducation, l’emploi, le social, l’économie, la protection de l’environnement, le changement climatique, …
En rapport avec la paix et la sécurité, Jean Pierre KIWAKANA a souligné le fait que la situation de la guerre dans notre pays fait partie de différentes causes qui handicapent fortement les efforts de redressement que continue à déployer le Président de la République, Chef de l’Etat, avec l’ensemble de son gouvernement, pour le développement et le mieux-être social des populations Congolaises.
Cet état de chose est une occasion pour le CES de réitérer son « appel à toutes les forces vives de la Nation à l’unité et à la cohésion pour juguler cette spirale des violences à répétition que l’on fait subir à notre pays », a souligné le Président du CES avant de recommander « une unification des efforts, des intelligences et des expériences afin d’arriver à bout de cette situation dramatique et affligeante ».
Abordant l’activité minière notamment dans le Katanga et se référant à l’étude des ONG sur les minerais stratégiques (…), le Président du CES a regretté la destruction de grandes étendues de forêts suite aux activités d’exploitation du cuivre et du cobalt et a, face à ces enjeux, appelé à une réforme des conditions d’investissement et de gouvernance du secteur minier afin de limiter ses impacts sur les forêts et les communautés locales.
« Il est donc urgent de prendre des mesures pour protéger l’environnement et promouvoir un développement durable et écoresponsable en République Démocratique du Congo » a plaidé Monsieur Jean Pierre KIWAKANA tout en soulignant que cela passe entre autre par la mise en place des politiques et lois efficaces pour protéger les forêts et la biodiversité.
Au sujet de la situation politique du pays et au regard de ce qui se passe au moyen orient, le Président du Conseil Economique et Social, s’est interrogé : « sommes-nous condamnés à rester des agneaux au milieu des loups en bradant notre souveraineté au profit des protecteurs aux humeurs changeantes ou finalement allons-nous décider de nous prendre en mains et nous donner des capacités de faire face aux ambitions expansionnistes de nos voisins et à la duplicité de leurs parrains ? », tout en notant que le monde semble devenir une jungle où seule la loi du plus fort prévaudrait dans un droit international parfois élastique en fonction des intérêts.
C’est dans ce sens que sur le plan économique, Jean Pierre KIWAKANA a attiré l’attention des dirigeants sur les conséquences dramatiques possibles de la situation au moyen orient, face à une économie essentiellement tournée vers les importations. A ce sujet, il a fait savoir que son institution se penchera très rapidement sur les mesures de prévention contre les dégâts, appelant à une réflexion constructive et des actions concrètes et immédiates, face à l’incertitude et le manque de visibilité auxquels le monde est confronté aujourd’hui.
« On ne peut développer un pays en appliquant un copier-coller des mesures prises ailleurs, dans les contextes totalement différents, sans tenir compte de nos réalités locales » a-t-il martelé, tout en plaidant pour des réformes fiscales cohérentes et pertinentes par rapport à nos objectifs et nos besoins.
Par ailleurs, évoquant le débat lié à la révision ou modification de la Constitution, il a fait savoir que son institution, dans son rôle de conseiller de la République estime que, « tout changement, tout dialogue ou toute réforme devrait répondre à un cahier de charges précis : la paix et la quiétude pour nos populations, le respect de notre intégrité territoriale et la garantie de vivre de nos ressources dans la dignité ». Et d’ajouter : la stabilité des institutions est le socle républicain, pilier d’un véritable état de droit, garant de la relance économique dont nous avons tant besoin.
Ainsi donc, au centre de ce débat sur le changement ou la révision et le dialogue, le CES propose de placer l’humain au sommet des ambitions nationales. Pour cette institution, il ne sert à rien d’ouvrir des débats qui oublient la faim, le chômage des jeunes, l’insécurité et autres calamités. Aussi, faut le souligner formellement, que l’impact financier de tout processus politique soit évalué au regard des priorités sociales urgentes ; que la continuité des services de base comme la santé, l’eau potable, l’électricité, soit sanctuarisée et protégée des turbulences politiques ; que le dialogue s’il y a lieu, ne soit un partage des privilèges mais un pacte pour le développement et la paix durables.
« Le Conseil Economique et Social de la RDC après analyse de la situation, suggère que tout soit mis en œuvre pour que la politique congolaise telle que pratiquée aujourd’hui, cesse d’être l’obstacle majeur à l’épanouissement et au bien-être des Congolais.
Comme indiqué dans mes adresses antérieures, il est ainsi utile que le principe de réadapter le contenu de la Constitution à nos réalités actuelles, ne soit pas un sujet tabou, car plusieurs tars qui retardent l’amélioration de notre gouvernance trouvent leurs racines dans les articles qui ont surement été utilisés hier mais toxiques aujourd’hui, sacrifiant ainsi les intérêts supérieurs du pays au profit des intérêts particuliers des individus et des parties. Nous devons donc rechercher plus d’efficacité dans l’action, tout en protégeant les citoyens de toute tentation, des dérives autocratiques. Dans notre approche, la Constitution ne peut se concevoir par rapport à un individu ou à des intérêts particuliers », a dit le Conseiller de la République Jean Pierre KIWAKANA.
Quant aux enjeux liés à l’environnement et au changement climatique, Jean Pierre KIWAKANA est revenu sur les inondations récentes dans certaines villes. Tout en invitant les Congolais à protéger son patrimoine écologique, il a rappelé que ces inondations suivies des érosions ne sont plus des simples évènements saisonniers, elles sont devenues récurrentes, violentes et de plus en plus destructives faisant ainsi allusion à des vies humaines perdues, des infrastructures détruites, des quartiers entiers submergées et des familles restées sans abri.
Pour son institution, « ces inondations ne sont pas une fatalité. Elles sont un signal alarmant devant nous forcer à changer notre manière de construire, de gérer et de protéger notre environnement. Les conséquences observées : pertes en vies humaines, déplacement des populations, dégradation des infrastructures, perturbation économique, crise sanitaire,…, interpellent à la fois nos politiques publiques, nos modèles d’aménagement et nos mécanismes de prévention ».
« Chaque pluie devient désormais une menace et chaque nuage devient une source d’angoisse pour les populations. Comme déjà souligné, ces inondations sont les résultats combinés du changement climatique, de l’urbanisation non contrôlé, du non-respect des normes d’aménagement urbanistique, de l’insuffisance des infrastructures de drainage et de la mauvaise gestion des déchets ainsi que des constructions anarchiques », a interpellé le Président du Conseil Economique et Social.
Sur le plan social, au-delà d’un plaidoyer en vue du renforcement de la création d’emplois en faveur des jeunes, le Président du CES a insisté sur le fait que l’Etat ne peut en aucun cas seul, absorber la demande en terme d’emplois. D’où la nécessité de diversifier notre économie, de réaliser des investissements conséquents dans le secteur éducatif en tirant partie des revenus miniers actuels et encourager activement le secteur privé à investir dans la formation, dans la recherche et dans l’innovation (trilogie : recherche – université – entreprise) par la mise en place d’une fiscalité incitative et par une diminution sensible de la pression administrative.
A cet effet et à la lumière de cette nécessité, le Conseil Economique et Social par la bouche de son Président, a suggéré la mise en place d’un cadre de concertation afin de déterminer une stratégie globale destinée à être déclinée aux niveaux étatiques pertinents et assurer une communication efficace, cohérente et rassurante sur les questions économiques tout en privilégiant les décisions de nature à favoriser la croissance, la création d’emplois et le développement.
« N’est-il pas temps de redéfinir au profit de l’intérêt général avant tout, la notion de la politique ? Exercer cette noble mission au détriment de la nation, c’est faire le lit de ceux qui, depuis les décennies œuvrent pour la balkanisation de notre pays. Si dans l’entendement actuel, la notion de la politique ne se résume qu’à la recherche des postes et des privilèges pour soi ou pour les siens, il est grand temps alors d’intégrer que ces postes et ces privilèges ne seront que des mirages si nous ne sécurisons pas l’espace national et territorial de notre pays », a martelé Jean Pierre KIWAKANA avant d’en appeler à la discipline collective et au respect de l’unité de commandement sans laquelle chacun agira à sa manière, sans coordination ou objectif commun avec comme finalité, la création d’un terrible désordre mettant en mal l’autorité de l’Etat et les règles de bonne gouvernance indispensables.
Avant clore son allocution, le Président du Conseil Economique et Social a rappelé que l’autosuffisance alimentaire doit être notre objectif et notre priorité, que le secteur de la santé dans toutes ses dimensions (recherche, formation, maîtrise des traitements des maladies endémiques) doit être au cœur de nos préoccupations tout en plaidant pour un système éducatif formaté en fonction de nos objectifs prioritaires.